27 Jul

Historique et organisation

Depuis la découverte du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en 1983 par les professeurs Gallo et Montagnier, l’augmentation des cas d’infection à VIH de par le monde et en particulier en Afrique au sud du Sahara est devenue progressivement plus un problème de développement qu’un problème de santé publique.

 

Au Burkina Faso, la reconnaissance officielle des premiers cas de SIDA est intervenue en 1986. Depuis lors, le gouvernement a pris des dispositions pour endiguer la progression du VIH/SIDA, en collaboration avec la société civile et les partenaires au développement. Ainsi, dès 1987, on a procédé à la mise en place d’un Comité technique restreint de cinq personnes ressources, placé sous la responsabilité du ministre de la Santé. Les missions assignées à ce comité ont essentiellement consisté à l’évaluation de la situation du VIH.

Il y eu aussi l’élaboration et mise en œuvre d’un plan à court terme. Les activités de départ étaient axées sur la sécurité transfusionnelle et la sensibilisation par l’information, l’éducation et la communication (IEC). Il s’est agi notamment de la promotion des mesures de prévention en général. Cette activité a marqué le début de la promotion du préservatif. Dans la même dynamique, des concertations nationales et internationales ont permis de fixer des orientations politiques en faveur d’une meilleure connaissance de l’épidémie.

 

La réponse nationale a connu trois principales phases couvrant respectivement les périodes 1987-1995, 1995-2001 et 2001 à nos jours.

 

Première phase

La première phase de la réponse nationale qui couvre la période 1987-1995, a été caractérisée essentiellement par :

- l’installation du Comité technique ;

- l’élaboration du Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS) ;

- la mise en œuvre d’un (1) plan à court terme (1987-1989) et de deux (2) plans à moyen terme (1990-1992 et 1993-1995).

 

Plan à court terme

Les actions prioritaires menées durant le plan à court terme « 1987-1995 » ont concerné essentiellement :

- des activités d’information, éducation et communication (IEC) ;

- le développement des capacités nationales et institutionnelles en matière de prévention contre le VIH/SIDA ;

- la réalisation d’enquêtes épidémiologiques qui a permis de déterminer l’ampleur de l’épidémie du VIH/SIDA au Burkina Faso.

 

Plan à moyen terme I et II

Les actions prioritaires menées durant les plans à moyen terme I « 1990-1992 » et moyen terme II « 1993-1995 » ont porté sur :

- l’intensification des activités d’information, éducation et communication en direction du grand public et des principaux groupes vulnérables (élèves, migrants, forces de l’ordre, prostituées) ;

- le lancement du Projet de marketing social des condoms (PROMACO) en 1991 ;

- le renforcement des capacités nationales et des programmes de formation ;

- le démarrage de la séro-surveillance de l’infection à VIH sur des groupes cibles (femmes enceintes, porteurs de MST, malades de la tuberculose).

Le plan à moyen terme I a été marqué par la création, par décret pris en conseil de Ministres, le 27 février 1990, d’un Comité national de lutte contre le Sida au Burkina Faso (CNLS-SIDA).

Directement rattaché au ministère de la Santé, le comité était composé au départ de 55 membres comprenant un (1) Secrétaire permanent et six (6) sous- comités : Sous-comité suivi du programme, Sous-comité laboratoire, Sous-comité surveillance épidémiologique, Sous-comité recherche, Sous-comité information, éducation, communication, Sous-comité règlement de la prise en charge des malades et séropositifs.

Le 4 octobre 1994, le CNLS-SIDA a connu une réorganisation dans sa dénomination, sa composition et son fonctionnement. Il devient alors Comité national de lutte contre le Sida et les MST (CNLS-SIDA/MST). Ses missions essentielles ont été d’élaborer et mettre en œuvre le programme national de lutte contre le SIDA et les MST. Puis d’en assurer la coordination, le suivi et l’évaluation. Il est composé de 22 représentants provenant des ministères et institutions.

Le CNLS-SIDA/MST était dirigé par un bureau composé d’un président qui est le ministre chargé de la Santé, d’un 1er vice président : le ministre chargé de la Communication, et d’un 2ème vice président : le ministre chargé de l’Action sociale. Comprenant toujours un secrétariat permanent, il passe de six (6) à cinq (5) sous-comités techniques qui sont des structures d’appui technique au CNLS/SIDA-MST. Organe exécutif du CNLS-SIDA/MST, le Secrétariat permanent était chargé de préparer et d’assurer l’exécution des délibérations du CNLS-SIDA/MST et de veiller à la mise en œuvre de la politique nationale définie par les Assemblées générales.

Les différents sous-comités techniques ont été les suivants : Le sous-comité technique Information, éducation, communication. Sa tâche a été de définir et proposer des stratégies visant à l’intégration de toutes les interventions IEC/SIDA-MST dans les programmes sectoriels de développement. Il lui revenait de participer à la mise en œuvre de ces stratégies, à leur suivi et à leur évaluation.

Le sous-comité Laboratoire et Banque de sang. Il a eu la charge de définir et proposer les stratégies visant à assurer la sécurité transfusionnelle, le bon fonctionnement des services de laboratoire et la prévention au sein de ces structures. La participation à la mise en œuvre d’interventions concrètes en matière de tests, de diagnostic des MST, de recherches, de prise en charge et de surveillance épidémiologique lui incombait.

Le sous-comité recherche. Son rôle a consisté à définir et proposer les axes prioritaires de la recherche sur le SIDA et les MST. Le sous-comité surveillance épidémiologique. Il a eu la responsabilité de définir et proposer des stratégies pour la surveillance de l’évolution naturelle des VIH et des MST. Il lui revenait aussi de participer à la mise en œuvre des interventions en matière de recueil et de traitement des données épidémiologiques.

Le sous-comité prise en charge. Il se devait de proposer des stratégies de prise en charge médico-psycho-sociale en matière de SIDA-MST et de participer à la mise en œuvre des interventions en matière de soins, de soutien social et de protection des droits des séropositifs. Chaque sous-comité technique était dirigé par un coordonnateur. Les tâches qui étaient dévolues aux sous-comités ont consisté essentiellement en l’appui au comité national dans l’élaboration, le suivi et l’évaluation du Programme national de lutte contre le SIDA/MST.

Ces sous-comités ont également eu la responsabilité d’aider le Comité national à identifier, planifier et suivre l’exécution des priorités d’intervention par secteur. Autres rôles des sous-comités a été d’appuyer et conseiller le comité national dans la mise en œuvre des stratégies de décentralisation et d’implication des autres secteurs. De plus, ils avaient en charge l’analyse des dossiers techniques qui leur étaient soumis par le président du CNLS/SIDA-MST et de faire des propositions au Comité national. Il leur revenait enfin de contrôler et de superviser la mise en œuvre des activités relevant de leur domaine.

 

Deuxième phase 

La deuxième phase qui couvre la période 1995-2001, a été caractérisée par un raffermissement de l’engagement politique, matériel et financier du gouvernement et des partenaires au développement. Ce qui a permis un renforcement de l’organisation de la lutte contre le VIH/SIDA au Burkina Faso à travers notamment :

- le lancement du Projet Population et Lutte contre le SIDA (PPLS) ;

- la consolidation de la séro-surveillance de l’infection à VIH et la notification des cas de SIDA ;

- la planification stratégique qui a débouché sur l’adoption d’une approche multisectorielle,

- l’accentuation des activités d’ IEC en direction notamment des groupes vulnérables ;

- la promotion d’une sexualité responsable et sans risque à travers les médias de masse ;

- la mise à disposition et la promotion de l’utilisation des préservatifs ;

- la prévention et la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles ;

- la formation des agents de santé et des relais communautaires ;

- l’amélioration de la sécurité des transfusions sanguines ;

- la prise en charge psychologique, sociale, scolaire, alimentaire, juridique, économique et médicale des personnes infectées et affectées par le virus du SIDA.A ces deux phases de la lutte contre le VIH/SIDA, les Partenaires techniques et financiers (PTF) étaient déjà aux côtés du Burkina Faso.

Les ressources financières mobilisées à la fin de ces deux phases ont été estimées au total à 32 127 500 $US pour le compte des PTF. La contribution de la partie nationale se chiffrait à 2 706 000 $US.

Les tableaux 1 et 2 ci-après résument respectivement :

- l’évolution des financements alloués à la lutte contre le SIDA de 1987 à 2001 ;

- la répartition des décaissements effectifs de fonds provenant des partenaires au développement en soutien à la lutte contre le VIH/SIDA de 1990 à1998.

 

Tableau 1 : Évolution des financements alloués à la lutte contre le SIDA au Burkina Faso (1987-2000)

Plans

Périodes

Montants ($US)

Total ($US)

Contribution nationale

Contribution des partenaires

 Court Terme

1987-1989

10 000

240 000

250 000

 Moyen Terme I

1990-1992

19 500

3 450 500

3 470 000

 Moyen Terme II

1993-1995

236 500

6 887 000

7 123 000

 Moyen Terme II Extension + PPLS

1996-2000

2 440 000

21 550 000

23 990 000

TOTAL

 

2 706 000

32 127 500

34 833 000

 

Tableau 2 : Répartition des décaissements effectifs de fonds provenant des partenaires au développement en soutien à la lutte contre le VIH/SIDA (1990-1998)

Typologie de l’aide extérieure

Montants ($US)

Valeur en pourcentage

 Investissements et équipements

16 530 000

56,20%

 Coopération technique

8 430 000

28,7

 Formation

2 880 000

9,8

 Divers

1 560 000

5,3

TOTAL

29 400 000

100%

 

Troisième phase

La troisième phase, amorcée en 2001, est caractérisée par un renforcement de la coordination des interventions des partenaires techniques et financiers et la formalisation de l’approche multisectorielle de la lute contre le VIH/SIDA.

L’approche multisectorielle, engagée par le gouvernement avec l’appui des partenaires techniques et financiers, répond à un besoin de faire de la lutte contre le VIH/SIDA, une préoccupation commune à l’ensemble des composantes de la société : structures étatiques et privées, société civile, communautés coutumières et religieuses, associations, ONG, organisations à base communautaire.

 

Cadres stratégiques.

L’exigence d’une telle démarche a conduit à l’adoption, le 30 mai 2001 en conseil des ministres, d’un cadre stratégique de lutte contre le SIDA pour une période de cinq (5) années (2001-2005). Ce cadre comprenait quatre (4) axes stratégiques :

- le renforcement des mesures de prévention de la transmission du VIH et des IST,

- le renforcement de la surveillance de l’épidémie,

- l’amélioration de la qualité de la prise en charge globale des personnes infectées et affectées,

- l’élargissement de la réponse, la promotion du partenariat et la coordination multisectorielle.

Le besoin de financement a été estimé à 78.073.630.737 FCFA se répartissant ainsi qu’il suit :

- plan d’action 2001 : 14.852.091.232

- plan d’action 2002 : 17.586.218.669

- plan d’action 2003 : 16.166.399.546

- plan d’action 2004 : 15.104.005.422

- plan d’action 2005 : 14.364.915.868

Pour disposer de ressources nécessaires à sa mise en œuvre, une table ronde des bailleurs de fonds a été organisée le 22 juin 2001. Lors de cette table ronde, il a été décidé de ne prendre en compte que la moitié des besoins de financement de l’année 2001, soit la moitié de 14.852.091.232 = 7.426.045.616.

Ainsi, les besoins de financement du cadre seraient réellement de : 78.073.630.737 - 7.426.045.616 = 70.647.585.121 FCFA. Selon le rapport de la table ronde, l’ensemble des annonces de contributions s’élève à 65.793.000.000, ce qui représente 93,12% des 70.647.585.121 FCFA, faisant que généralement l’on s’accorde à dire que l’on a couvert 90% des besoins de financement du cadre stratégique de lutte contre le SIDA 2001-2005.

 

Dans cet effort de réorganisation de la lutte contre la pandémie du VIH/SIDA, le Comité national de lutte contre le SIDA et les MST est remplacé par un Conseil national de lutte contre le SIDA et les infections sexuellement transmissibles (CNLS-IST), présidé par le Président du Faso.

Créé le 19 septembre 2001 par un décret pris en conseil des ministres, le CNLS-IST est l’organe supérieur de coordination du Programme national de lutte contre le SIDA et les IST. Il est l’instance décisionnelle en matière de lutte contre le VIH/SIDA et les IST à l’échelle nationale. Le CNLS-IST est rattaché à la Présidence du Faso. Le conseil des ministres, à cette même séance du 19 septembre 2001, adoptait le décret portant attributions et organisation du Secrétariat Permanent du CNLS-IST qui devient l’organe technique chargé de la coordination, de l’appui technique et du suivi de l’ensemble des activités de lutte contre le SIDA et les IST.

Il prend une structuration avec la création de 7 départements au sein desquels doivent s’exécuter les programmes.Le 14 avril 2005, ce décret a été remplacé par le décret n° 2005 – 228 / PRES / PM / MS / MEDEV / MFB portant attributions et organisation du SP/CNLS-IST, intégrant une unité de gestion financière.

 

Un deuxième Cadre stratégique de lutte contre le VIH/SIDA 2006-2010, a été adopté en conseil des Ministres le 27 juillet 2005, avec un plan d’opérationnalisation. Pour son financement, l’organisation d’une table ronde des partenaires techniques et financiers, le 3 juillet 2006, a permis de recueillir les ressources financières nécessaires. Au total, ce sont environ 25 milliards de F CFA qui ont été annoncés au terme des négociations. A ce montant, il faut ajouter 75 milliards de FCFA déjà financés.

Tout compte fait à l’issue de cette table ronde, 90 milliards de FCFA ont été annoncés sur un besoin de financement évalué à 120 milliards. Ce qui représente 75% du coût global. L’engagement a été pris de boucler le financement de ce cadre stratégique avant le terme du programme en 2010.La requête de notre pays au VI° round du Fonds mondial d’un montant de 30 milliards de F CFA a été approuvée. Ce qui permet de couvrir théoriquement l’ensemble

La mise en œuvre de ce cadre stratégique permettra de renforcer les acquis du premier cadre, caractérisé par une baisse considérable du taux de séro-prévalence qui est passée de 7,17 % en 1997 à 1,6 % en 2008, selon l’ONUSIDA.

 

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